Jim Haynes Telegraphy
by the Sea
by Fabien Liability
Magazine, February 2007
Déjà membre de The Sleeping Moustache dans lequel
on retrouve Steve Stapleton (Nurse With Wound), M.S.Waldron,
Sigtryggur Berg Sigmasson et R.K.Faulhaber, Jim Haynes se
trouve du temps pour sortir ses propres disques quand il ne
contribue pas à l'excellent magazine britannique The
Wire. Telegraphy By The Sea est le second disque que l'Américain
produit pour The Helen Scarsdale Agency. Cette longue plage
de cinquante-cinq minutes, qui explore les fins fonds de l'abstraction
sonore, a été le fruit d'un travail de longue
haleine. Pour la mettre sur pied il aura fallu à Haynes
plus de quatre ans ainsi que plusieurs voyages sur différents
continents. Tout ce qu'il a pu collecter va finalement lui
servir d'instrument pour créer des paysages musicaux
polaires et arides où le minimalisme se confond à
merveille avec des fragments sonores inquiétants qui
révèlent tout le côté sombre de
cet album iconoclaste. Sur les cinquante-cinq minutes que
dure cette plage Jim Haynes s'efforce d'occuper pleinement
l'espace avec une base ambient qui laisse échapper
de longues nappes monolithiques.
Ainsi le fond de cet album ressemble à s'y méprendre
à la pochette évocatrice qu'a choisi Haynes
pour illustrer Telegraphy By The Sea. Un album à la
noirceur intégrale et aux contours flous et abstraits.
De ce fait Haynes laisse travailler notre imaginaire. On pourra
apposer à sa musique toute une imagerie post-industrielle
voire, pour les plus sombres d'entre vous, post-apocalyptique.
Telegraphy By The Sea ne laisse alors que peu d'espoir. Ce
disque est un bloc qui suit une logique de modelage sonore
tout à fait particulier. Presque conçu comme
une oeuvre improvisée cet album sait prendre une certaine
ampleur tout en laissant évoluer une tension largement
palpable. Ce morceau peut mettre l'auditeur dans une situation
inconfortable, le mettre mal à l'aise tant l'ambiance
de se disque se révèle pour le moins oppressante.
Pour autant on arrive à être fasciné par
cette approche ténébreuse de l'Américain
qui démontre que la musique abstraite continue de survivre
de bien belle manière au milieu d'une masse musicale
de plus en plus importante.