Omit
Tracer
2CD HMS 005


Octopus
December 2005

le cd de la semaine
semaine du 6 au 12 décembre 2005

Artiste plutôt méconnu, le néo-zélandais Clinton Williams mène depuis près de vingt ans le projet Omit aux confins de la musique ambient/industrielle. Une esthétique paranoïaque et analogique que Tracer retrace comme un nouvel hommage.

Clinton Williams est un mystère. Pressages rares (sur des labels confidentiels comme Corpus Hermeticum ou Anomalous Records) et rigorisme stylistique ont néanmoins établi une sorte de marque de fabrique à laquelle ce nouveau double album, Tracer, se réfère indéniablement. Principalement atmosphérique, bien que certains morceaux comme "Topper-Flex" célèbrent quelques ondulations rythmiques mouvantes, et majoritairement nouée de drones filandreuses et spectrales, la musique d'Omit dégage un étrange magnétisme, une torpeur fascinante faite de chaudes rondeurs et de boucles mécaniques plus industrieuses. Dès le premier morceau, Sequester, introduit par une voix vocodérisé aux réminiscences électro-dark, un climat sobrement mortifère, glissant dans une douce hypnose délétère, commence à s'installer comme un brouillard se déposant avec précaution sur un paysage endormi. Par son approche un peu mystique du genre ambient, par sa capacité à établir une sacralité de l'écoute qui semble relier directement la musique aux terminaisons nerveuses du cerveau, Omit rappelle indubitablement Coil. Les mêmes sensations, mélange de mélancolie lancinante et d'extase expiatoire se profilent au détour des ombres qui émergent de Tracer mais Omit parvient à se démarquer en puisant aussi à l'évidence une partie de son univers sonore parmi des influences plus accessibles. Chargé en nappes synthétiques ondoyantes et vintage ("Rhythm Shift"), le style narratif des compositions de Clinton Williams se nourrit également des modulations analogiques et des volutes tonales d'un Klaus Schulze par exemple. Et en plaçant Tracer dans un tel contexte à la fois traumatique et exploratoire, c'est à un bien étrange sondage psychique qu'Omit vous invite à vous livrer. - Laurent Catala