Jim Haynes The Decline Effect

Love on the Bits by Fabrice Vanoverberg

Rifraf, November 2011

Notion introduite en parapsychologie, l’effet déclin implique l’idée que le pouvoir des médiums faiblit au fur et à mesure du temps – et qu’à long terme, chaque contrôle de leurs capacités démontre un peu plus la faiblesse de leurs résultats. Bien que mystérieuse au béotien total que je suis dans le domaine, la théorie offre toutefois l’avantage non négligeable de jeter un regard intéressant sur le présent double LP de Jim Haynes. Artiste originaire de la baie de San Francisco, il développe le long de quatre longues séquences (75 minutes au total) un continuum sonore d’une belle acuité, quelque part en marge de Fennesz et BJ Nilsen (notamment du magnifique ‘The Invisible City’ de l’électronicien suédois). Tout le long des plages du vinyle, les rencontres fortuites se muent en accidents contrôlés – tels des acronymes familiers échafaudés sur des structures bruitistes entre musique concrète et electronica nappée. Visions d’orage ou butinages vivaces, échos de cascades au lointain ou ruptures de charges fantomatiques, le producteur californien développe un luxe de détails sonores assez rare – tout en s’accordant, quel luxe !, les minutes indispensables à la pleine réalisation de ses idées. Même si, en quelques instants plutôt rares, le temps s’écoule trop lentement à mon goût, la fréquentation de ‘The Decline Effect’ m’a paradoxalement remis sur une pente ascendante.