Ekin Fil
Coda
LP HMS 054


Etherreal

September 2020

Recalée sur un rythme estival de parution de ses sorties, Ekin Fil est de retour, comme chaque année, pour une nouvelle proposition d'ambient chantée, à l'instrumentation assez minimale (clavier cotonneux, nappes discrètes). Alors que ces pages avaient pu relever une habitude, un peu regrettable, consistant à mettre sa voix très en arrière, la rendant presqu'inintelligible, la Turque se distingue, sur ce nouvel album, par un mix plus abouti, rendant son timbre davantage distinct de l'instrumentation (le morceau-titre, Burn Up, The Water). Dans ces passages, la musicienne se fait également plus légère dans son propos, presqu'émouvante dans son approche et dans sa capacité à marier voix plus assurée et toucher ouaté de clavier.

L'atmosphère générale demeure, pour le reste, assez embuée, voire tourmentée, avec ce qu'il faut de flux et reflux dans les textures d'arrière-plan pour simuler un mouvement glissant doucement vers la noirceur, ou bien une saturation plutôt maîtrisée (Grand Illusion). Avec ses dix pistes, parfois un rien trop courtes, Coda pourrait ainsi sonner, son titre en donne un indice, comme une conclusion ou un aboutissement du travail artistique mené par la Turque depuis ses débuts, tant ce disque arrive à synthétiser ses points forts et à rectifier ses petits défauts. Quelques perturbations électroniques peuvent également être convoquées par Ekin Üzeltüzenci, permettant de souligner, en creux, l'aspect assez caressant de son clavier (Blowing) et de signer, au total, possiblement son long-format le plus intéressant. - François Bousquett